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Témoignage de Lili Leignel, ancienne déportée

Par admin5 Lemaire, publié le lundi 11 juin 2018 13:49 - Mis à jour le jeudi 14 juin 2018 09:11
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Le 24 mai 2018 des élèves de plusieurs établissements (collèges de Berck et de Beaurainville, lycée général, technologique et professionnel de Berck, IME de Rang-du-Fliers) se sont rassemblés afin d’assister au témoignage de Lili Leignel, ancienne déportée à 11 ans en 1943 et âgée aujourd’hui de 85 ans. Elle a fait le récit de sa famille, composée de ses parents et ses deux frères Robert (9 ans) et André (3 ans).

Elle habitait Roubaix lorsque sa famille fut emprisonnée le 27 octobre 1943 à la prison de Loos près de Lille, où la famille est séparée à jamais, le père d’un côté et la mère et les enfants de l’autre. Ensuite, sa famille fut envoyée au camp de transit de Malines en Belgique.

Par la suite, sa famille fut entassée dans des wagons à bestiaux les envoyant au camp de Ravensbrück en Allemagne. Elle a des conditions de vie très difficiles telles que la promiscuité, le manque de nourriture mais également la peur de ne pas revoir sa mère revenir à l’issue de sa journée de travail. Dans ce camp, elle perdit son identité qui fut remplacée par un matricule qu’elle devait connaître afin de répondre à l’appel quotidien.

En février 1945, sa famille fut envoyée au camp de Bergen Belsen où ses conditions de vie sont de plus en plus misérables. La mère ne soutenant plus ses enfants, ses derniers souhaitaient mourir. Lorsque les Anglais les libèrent enfin, Lili et ses frères apprennent que sa mère avait développé le Typhus.

De retour en France, la fratrie fut emmenée à l’hôtel Lutetia. N’ayant plus de famille, ils furent recueillis chez le frère d’une assistance sociale. Par la suite, une de leur tante les recueille jusqu’au retour de leur mère qu’ils croyaient morte. La mère et les enfants retournèrent à Roubaix où ils découvrent que leur maison est vide. Dans un élan de solidarité chaque voisin ramène ce qu’il pouvait (nourriture, meubles…). Il ne leur manquait que leur père afin que leur foyer soit complet, mais ils apprennent par d’autres déportés que celui-ci fut tué peu de temps avant la libération de son camp.

Aujourd’hui, Lili a 85 ans et continue ses témoignages dans le but de perpétuer son histoire à travers les nouvelles générations. Si elle a commencé à témoigner à partir des années 1980, c’est afin de répondre aux négationnistes qui remettent en cause l’enfer des camps nazis. Nous tenons à souligner que pour chaque témoignage, elle se maquille et reste debout malgré son âge.

Son récit raconte son histoire qui a su toucher l’ensemble du Kursaal. Elle parle avec sincérité mais en aucun cas, nous n’avons ressenti de la haine à travers ses paroles.

Article rédigé par : Cécilia, Louis, Hugo, Justine, Nicolas, Shana, Mélodie, Margaux, élèves de seconde au lycée Lavezzari de Berck.