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Commémorations du 11 novembre 2018: Centenaire de l'Armistice

Par admin6 brossard, publié le dimanche 11 novembre 2018 15:31 - Mis à jour le dimanche 11 novembre 2018 15:35
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C'est au milieu d'une assistance nombreuse qu'une délégation composée d'une dizaine élèves, de professeur.es et de personnel de direction du lycée Jan Lavezzari a pu assister aux commémorations du Centenaire de l'Armistice ce 11 novembre 2018 à 11h. 

C'est au milieu d'une assistance nombreuse qu'une délégation composée d'une dizaine élèves, de professeur.es et de personnel de direction du lycée Jan Lavezzari a pu assister aux commémorations du Centenaire de l'Armistice ce 11 novembre 2018 à 11h. 

Les élèves Agathe Mathieu (1L) et Elsa Caudron (1ES1) ont lu deux textes que nous reproduisons ci-dessous : Le discours de Clemenceau à la Chambre des députés le 11/11/1918, et un texte reprenant une biographie d'un Poilu enterré à Berck et mort le 10 novembre 1918 rédigé par Elsa. 

Les élèves ont ensuite déposé en compagnie de Mme Hu, Proviseure adjointe, et au nom de l'établissement une couronne de fleurs au carré militaire de Berck.

Le travail de mémoire se poursuit dans le cadre de la mission Centenaire.

Les photos sont ici 

Les textes

Joseph René Ernest LAMART. Peut-être avez-vous déjà entendu ce nom. Peut-être même l’avez-vous lu au cœur de ce cimetière, gravé dans la pierre de notre monument aux morts.

Né en 1899 au Havre, ce jeune homme s’engagea volontairement pour quatre ans en février 1918 en tant que canonnier au vingt-huitième Régiment d’Artillerie de Campagne. Cependant, son acte patriotique, héroïque ne lui permit de célébrer la Victoire. Succombant en effet à une maladie contractée en service, Joseph LAMART s’éteignit le 10 novembre 1918, il y a exactement un siècle. Mais surtout, ce valeureux canonnier périt la veille de la signature de l’armistice de la Première Guerre mondiale.

Mourir le premier est évidemment tragique, mais tomber parmi les derniers l’est certainement davantage. Alors que la chaleur de l’imminente étreinte avec une épouse, un frère, une fille, emplit déjà le cœur gelé du soldat, les doigts squelettiques de la Faucheuse le rattrapent, dissipant tout espoir.

Jusque la onzième heure, du onzième jour, du onzième mois de l’année 1918, tant d’hommes se battirent si vaillamment et sacrifièrent jusqu’à leur propre vie. Ce fut le cas de Joseph LAMART.

Néanmoins, bien que les combats cessassent avec l’Armistice, la Grande Guerre ne prit fin avec ce cessez-le-feu officiel.

Après avoir mangé, dormi, vécu, aux côtés de la mort pendant plus de quatre longues années, un nouvel ennemi, loin d’être moins redoutable, s’installa alors : le retour à une vie fondamentalement différente de celle d’avant-guerre.

La reconstruction des villes fut évidemment l’une des premières priorités. La guerre laissa derrière elle des kilomètres carrés de ravages, de destruction. Mais comment revenir à la vie d’autrefois quand la population demeure plus que jamais meurtrie et changée !?

La mort continua également de roder, même après le 11 novembre 1918, pour n’être définitivement rassasiée qu’après une vingtaine de millions de morts, au total.

Le quotidien de ceux ayant survécu ne fut pourtant pas moins douloureux. Un nombre vertigineux de femmes et d’enfants durent accepter la certitude d’être veuves ou orphelins.

D’autres peinèrent à reconnaître leurs proches, rendus mutilés, amputés, voire complètement défigurés par la guerre, tandis que certains firent face à la folie et furent ainsi contraints d’être internés. La guerre transforme profondément les individus. Elle les aspire dans son tourbillon infernal pour les en rejeter anéantis, déchiquetés, déshumanisés.

En conséquence, affirmer que la Première Guerre mondiale s’acheva le 11 novembre 1918 serait une erreur. Seuls les combats prirent fin à cette célèbre date. Or, les macabres conséquences de ce conflit se poursuivirent, pendant de nombreuses années encore. Rebâtir les villes et réparer les cœurs ne s’effectuèrent en un jour.

Aujourd’hui encore, cette douloureuse blessure laisse une large cicatrice dont la suture reste fragile. Nous avons tous perdu un proche, plus ou moins éloigné, au cours de cette guerre : un arrière-grand-père, une grand-mère, peut-être même un père.

De cette façon, n’oublions jamais que ce conflit est notre héritage dont la marque indélébile reste gravée dans nos entrailles. Honorons la mémoire de tous ces hommes, à l’image de Joseph LAMART, de toutes ces femmes et de tous ces enfants, qui payèrent courageusement de leur vie notre paix actuelle.

Wilson WOODROW, président des Etats-Unis d’Amérique de 1913 à 1921, déclara à propos de la Première Guerre mondiale : « Je vous promets que ce sera la dernière des guerres, la guerre qui mettra fin à toutes les guerres. ». Son ambition fut malheureusement trop grande. Assurons-nous donc que ni nous, ni nos descendants, n’aient à endurer les mêmes souffrances que nos glorieux ancêtres.

Le discours de Georges CLEMENCEAU (Président du Conseil à partir de l'automne 1917 et surnommé Le Père La Victoire par son action énergique dans le conflit) devant la Chambre des députés.

"Pour moi, la convention d’armistice lue, il me semble qu’à cette heure, en cette heure terrible, grande et magnifique, mon devoir est accompli.

Un mot seulement. Au nom du peuple français, au nom du Gouvernement de la République française, j’envoie le salut de la France une et indivisible à l’Alsace et à la Lorraine retrouvées (...)

— Et puis, honneur à nos grands morts, qui nous ont fait cette victoire. (Nouvelles acclamations unanimes. — Tous les députés se lèvent.) Par eux, nous pouvons dire qu’avant tout armistice, la France a été libérée par la puissance des armes. (Applaudissements unanimes et répétés.)

 Quant aux vivants, vers qui, dès ce jour, nous tendons la main et que nous accueillerons, quand ils passeront sur nos boulevards, en route vers l’Arc de Triomphe, qu’ils soient salués d’avance ! Nous les attendons pour la grande œuvre de reconstruction sociale. (Vifs applaudissements.) Grâce à eux, la France, hier soldat de Dieu, aujourd’hui soldat de l’humanité, sera toujours le soldat de l’idéal !(Applaudissements enthousiastes. — MM. les députés se lèvent et acclament longuement M. le président du Conseil.)